Statut freelance : lequel choisir ?
Vous avez une idée, vous avez décidé de sauter le pas et de choisir la liberté : vous êtes prêt à vous lancer en freelance. Une étape essentielle à laquelle penser, avant de débuter concrètement, c’est le choix de votre statut freelance.
Contrairement à ce que beaucoup pensent, le terme de “freelance” n’est pas un statut à proprement parler. Il désigne en effet un mode de travail, et pour exister réellement d’un point de vue administratif et légal, il faut lui choisir un statut juridique adapté. Ce choix est très important car il décidera de votre fiscalité, de votre couverture sociale, de votre manière de déclarer vos revenus et parfois même de vos relations clients. Vous l’aurez compris, cette étape est essentielle pour la suite.
Vous trouverez dans ce guide une comparaison détaillée des différents statuts freelance pour vous aider à y voir plus clair.
Mais avant de vous lancer, lisez notre article pour tout savoir sur le travail en tant que freelance.
Sommaire
- Statut freelance : comprendre le cadre juridique
- Les différents statuts freelance
- Les aides selon votre statut freelance
- Comment choisir son statut freelance ?
- FAQ
Statut freelance : comprendre le cadre juridique
Le freelancing, c’est l'exercice d’une activité professionnelle de manière totalement indépendante et avec la liberté de gérer son temps et ses missions. Il peut inclure un large éventail d’activités, parmi lesquelles :
- Des activités intellectuelles : rédaction, conseil, design etc.
- Des activités techniques : développement, informatique etc.
- Des activités artisanales : réparation, création manuelle etc.
Quoi qu’il en soit, choisir un statut en freelance est indispensable pour exercer légalement: c’est ce cadre juridique qui vous permet d’émettre des factures par exemple, de déclarer vos revenus mais aussi de protéger vos droits et votre sécurité sociale.
Le statut juridique du freelance est la ligne directrice de votre activité: il organise tout. De votre gestion de revenus à vos obligations sociales et fiscales, en passant par vos démarches administratives, tout est conditionné par ce statut. Vous devez donc le choisir avec soin dès le départ, pour éviter les complications et faire grandir votre activité en toute confiance.
Pour une comparaison claire des différents statuts freelances disponibles en 2025 et pour choisir celui qui vous convient, consultez Devenir freelance : tout ce que vous devez savoir.
Les différents statuts freelance
La micro-entreprise
Le statut de micro-entrepreneur est souvent le premier choix pour vous lancer, tout naturellement. Il séduit d’une part par sa simplicité, et d’autre part par sa rapidité de mise en place. Vous pouvez réaliser vos démarches administratives en quelques clics, avec peu de frais au départ, et vous bénéficiez d’un régime fiscal simplifié et avantageux.
Cependant, faites attention : ce statut freelance impose un plafond annuel de chiffre d’affaires (77 700 € pour les prestations de service, 188 700 € pour les activités commerciales). Ce plafond peut donc limiter votre croissance. Il est néanmoins très peu dérangeant si vous voulez tester votre activité ou la conserver en tant qu’activité secondaire, en complément d’un travail à temps plein par exemple.
Vous pouvez aussi bénéficier d’une exonération de TVA en dessous d’un certain seuil, ce qui simplifie vos relations avec vos premiers clients et vous offre un avantage économique non négligeable, notamment lorsque vous débutez.
Enfin, ce statut freelance comporte aussi pour avantage de simplifier votre gestion administrative. En effet, votre comptabilité sera plus légère car vous n’aurez pas de bilan annuel obligatoire par exemple. Vos cotisations sociales seront calculées en pourcentage de votre chiffre d’affaires réel : si vous ne facturez rien, vous ne payez rien. Ce format vous offre une grande flexibilité dans la gestion de votre trésorerie. Quant aux impôts, vous pouvez opter pour un prélèvement libératoire qui vous permettra de payer vos impôts en même temps que vos cotisations sociales pour simplifier vos démarches fiscales.
Ainsi, ce statut freelance de micro-entreprise est idéal si vous voulez vous concentrer sur votre métier et éviter de vous perdre dans la paperasse.
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Les avantages de ce statut freelance :
- Démarches administratives rapides et simples
- Fiscalité allégée et comptabilité simplifiée
- Charges sociales calculées sur le chiffre d’affaires réel
- Exonération de TVA en dessous d’un certain seuil
- Parfait pour tester son activité ou un complément de revenu
Les inconvénients de ce statut freelance :
- Plafond de chiffre d’affaires limitant la croissance
- Pas de déduction possible des frais professionnels réels
- Protection sociale limitée comparée à d’autres statuts
L’Entreprise Individuelle (EI)
En passant du statut freelance de micro-entrepreneur à celui d’entreprise individuelle, vous prenez un peu plus de responsabilités pour gérer votre activité et vous gagnez davantage d’autonomie.
Avec l’entreprise individuelle, vous pouvez déduire vos frais professionnels réels, notamment votre matériel, vos déplacements ou vos loyers. Cela déduit donc votre base imposable et vos charges sociales, ce qui est très avantageux si vous avez des dépenses importantes.
En comparaison avec celle de la micro-entreprise, votre comptabilité sera plus exigeante en tant qu’EI, même si elle reste néanmoins tout à fait accessible. Aussi, vous êtes éligible, sous cette forme, à l’imposition sur le revenu.
Ici, le freelance représente l’entreprise car il exerce en son nom propre, ce qui implique que vous êtes personnellement responsable de votre activité. Cependant, la responsabilité des dettes est limitée au patrimoine professionnel depuis 2022, ce qui signifie que vos biens personnels ne peuvent être saisis dans le cadre de l’entreprise.
Ce statut freelance vous convient donc si vous commencez à générer des revenus réguliers et souhaitez construire une activité durable, ou si vos charges sont très élevées.
Les avantages de ce statut freelance :
- Procédures de créations simplifiées
- Possibilité de déduire les charges réelles
- Responsabilité limitée au patrimoine professionnel depuis 2022
Les inconvénients de ce statut freelance :
- Obligations comptables plus lourdes
- Imposition sur le revenu ou option pour l’impôt sur les sociétés
EURL
Si vous voulez entreprendre avec une structure plus stable tout en gardant un contrôle total, vous pouvez opter pour une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). Il s’agit d’une option plus complète mais qui implique donc plus de travail et de rigueur quant à la comptabilité.
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Sous ce statut freelance, vous exercerez en tant que travailleur non salarié, ce qui signifie que vous êtes affilié à la sécurité sociale des indépendants. Il s’agit d’une protection sociale plus limitée que celle des salariés.
L’EURL est particulièrement adaptée si vous prévoyez d’avoir des frais professionnels réguliers car vous pouvez déduire vos charges réelles. Vous pourrez aussi, avec ce statut, être éligible à l’impôt sur les sociétés.
Ce statut freelance est donc une option pertinente si vous envisagez une activité de long terme et que vous voulez optimiser vos revenus et votre protection.
Les avantages de ce statut freelance :
- Responsabilité limitée à vos apports
- Déduction des frais réels autorisée
- Image professionnelle renforcée
- Choix entre l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés
Les inconvénients de ce statut freelance :
- Création plus complexe et coûteuse
- Comptabilité complète obligatoire
- Affiliation au régime TNS, avec une protection sociale plus faible que celle des assimilés salariés
SASU
La SASU, ou la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle, est un statut freelance proche de celui d’EURL, avec lequel vous bénéficierez d’un cadre juridique souple et une gouvernance allégée.
Par rapport à l’EURL, la SASU offre une meilleure couverture sociale, mais au prix de charges plus élevées. Cette fois-ci, vous avez le statut d’assimilé salarié. Vous êtes alors affilié au régime général de la sécurité sociale au même titre que n’importe quel salarié, ce qui vous donne accès à une couverture santé et retraite de grande qualité.
Si vous avez pour objectif de générer un chiffre d’affaires élevé, de vous verser une rémunération importante et de potentiellement vous développer avec des associés ou des collaborateurs, la SASU peut être une bonne option.
Les avantages de ce statut freelance :
- Protection sociale complète (retraite, maladie, etc.)
- Responsabilité limitée au capital
- Souplesse pour intégrer des associés ou salariés
Les inconvénients de ce statut freelance :
- Charges sociales élevées, même sans rémunération
- Formalités de création et de gestion lourdes
- Imposition complexe à anticiper
Le portage salarial
En choisissant ce statut freelance, vous serez salarié car vous signerez un contrat de travail avec la société de portage que vous avez sélectionnée. C’est cette société qui facture vos missions, vous reverse un salaire et gère tout l’administratif.
Vous aurez donc aussi tous les avantages associés au salariat, notamment en termes de sécurité sociale, de chômage et de retraite. Vous restez néanmoins libre de choisir vos clients et missions. Il s’agit donc d’une bonne option si vous voulez démarrer votre activité sans vous soucier de la partie administrative.
Les avantages de ce statut freelance :
- Statut salarié + protection sociale complète
- Aucune gestion comptable ou juridique
- Idéal en phase de transition ou pour des missions ponctuelles
Les inconvénients de ce statut freelance :
- Frais de gestion élevés (5 à 10 % du CA)
- Moins d’autonomie dans la gestion commerciale
- Moyennement adapté à une stratégie long terme
Les aides selon votre statut freelance
En 2025, plusieurs aides sont toujours accessibles et peuvent vous aider. Leur disponibilité dépend souvent du statut juridique que vous avez choisi.
La micro-entreprise
- ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise) : grâce à ce statut freelance, vous pouvez bénéficier d’une exonération partielle de charges sociales pendant 12 mois. En 2025, cette aide est toujours ouverte à condition de remplir certains critères (être demandeur d’emploi, jeune de moins de 26 ans, etc.).
- ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) : si vous êtes inscrit à Pôle Emploi, vous pouvez demander à percevoir une partie de vos droits au chômage sous forme de capital. L’ARCE est non négligeable si votre activité nécessite des investissements initiaux par exemple.
- Exonération de TVA : si votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 36 800 € (prestations) ou 91 900 € (ventes) en 2025, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA en choisissant ce statut freelance.
L’Entreprise Individuelle (EI)
- ACRE : également disponible pour les EI sous certaines conditions.
- Déduction des frais professionnels : contrairement à la micro-entreprise, avec le statut freelance d’EI vous pouvez déduire vos frais réels. Une forme d’aide indirecte qui allège votre imposition si vous avez des charges importantes.
- Crédit d'impôt ou exonérations spécifiques : selon votre secteur (artisanat, zones franches urbaines, etc.), vous pouvez profiter d’exonérations ou de crédits d’impôt ciblés.
EURL
- Aide indirecte via la déduction des frais : comme en EI, vous déduisez vos charges réelles, ce qui réduit votre base imposable.
- Option pour l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés (IS) : choisir l’IS peut être une forme d’optimisation. Vous vous versez peu de rémunération au début, et bénéficiez d’un taux d’IS réduit à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice.
- Exonérations spécifiques : si vous vous installez en zone ZFU (Zone Franche Urbaine) ou QPV (Quartier Prioritaire), des exonérations sont possibles.
SASU
- Aide via statut assimilé salarié : avec le statut SASU, vous cotisez au régime général. Ce statut freelance vous donne droit à l'assurance maladie, à la retraite de base et complémentaire, et surtout au chômage (sous conditions).
- Option IS et dividendes : vous pouvez moduler vos revenus entre salaire et dividendes. Il s’agit d’une stratégie d’optimisation fiscale utile selon votre chiffre d’affaires.
- Exonérations ou crédits d’impôt selon l’activité : certains secteurs (jeune entreprise innovante, métiers du numérique, etc.) bénéficient d’aides spécifiques.
Le portage salarial
- Droits au chômage conservés : c’est l’un des principaux avantages du portage. Vous cotisez pour le chômage, tout en étant autonome dans vos missions.
- Couverture sociale complète : sécurité sociale, retraite, prévoyance. Vous bénéficiez du régime salarié, sans avoir à gérer les démarches.
- Pas d’accès aux aides pour les créateurs d’entreprise (ACRE/ARCE) : le portage n’est pas considéré comme une entreprise individuelle, donc pas d’accès aux dispositifs classiques type ACRE ou ARCE.
Une gestion efficace de votre trésorerie est un levier essentiel pour la pérennité de votre activité freelance. Découvrez comment optimiser vos finances dans notre dossier Contrat freelance : tout ce qu’il faut savoir avant de débuter vos missions.
Choisir son statut freelance
Maintenant que vous avez toutes les informations sur chaque statut, comment choisir lequel vous correspond le mieux ? Voici les étapes à suivre pour le faire.
Définir votre activité professionnelle
Avant tout, il faut clarifier la nature de votre activité : est-ce qu’il s’agit d’une profession libérale (consultant, coach, graphisme etc.), commerciale (vente de biens etc.), ou artisanale (réparation, création manuelle etc.) ?
Cette distinction est importante pour choisir votre statut freelance. Par exemple, si vous exercez une activité commerciale, vous serez généralement soumis à un régime avec un comptabilité plus rigoureuse, là où un consultant libéral pourra opter pour un régime plus simplifié. De la même manière, certaines activités artisanales nécessitent une inscription spécifique auprès de la chambre des métiers, ce qui n’est pas obligatoire pour les professions libérales.
Estimer vos revenus et vos charges
Avant de choisir votre statut freelance, vous devez dresser un bilan prévisionnel réaliste de vos revenus et dépenses pour anticiper les besoins financiers de votre activité. Pour cela :
- Listez vos sources de revenus potentiels : revoyez les devis, les contrats. Si vous n’en avez pas encore, faites une estimation en vous renseignant sur les tarifs du marché dans votre secteur par exemple.
- Chiffrez vos dépenses professionnelles : identifiez les dépenses indispensables à votre activité (matériel informatique, logiciels, abonnements etc.). Pensez aussi à la location de bureau, aux frais de déplacement. Ne négligez aucune dépense.
- Prévoyez une marge de sécurité : les imprévus arrivent, donc intégrez une marge dans votre estimation de charges et de revenus pour faire face à ces aléas.
En ayant tout cela en tête, si vos revenus prévus sont modestes et vos charges limitées, vous pouvez choisir la micro-entreprise qui serait un excellent tremplin grâce à sa simplicité et ses charges proportionnelles au chiffre d’affaires. En revanche, si vous prévoyez des charges importantes, vous pouvez plutôt choisir une EI ou une EURL qui vous permettra de déduire ces frais et d’optimiser votre fiscalité. Pour un chiffre d’affaires plus élevé, la SASU sera plus adaptée malgré une comptabilité exigeante.
Rester en accord avec vos projets
Prenez en compte vos objectifs et vos besoins dans le choix du statut freelance.
Si vous tenez à une couverture sociale proche de celle d’un salarié, avec une meilleure retraite et une sécurité sociale renforcée, la SASU ou le portage salarial seront plus adaptés. Vous souhaitez vous concentrer sur votre activité et ne pas perdre de temps avec les démarches administratives ? La micro-entreprise reste la plus accessible. Si vous voulez créer une société évolutive et potentiellement ouvrir le capital, la SASU est une bonne base.
Prenez le temps d’aligner votre choix avec :
- Vos objectifs à court et moyen terme
- Votre besoin de flexibilité ou de sécurité
- Votre projection en matière de revenus
Ce n’est pas une décision figée : vous pourrez changer de statut plus tard si votre activité évolue. Mais poser les bonnes bases dès le départ, c’est éviter bien des complications.
FAQ
Est-ce que je peux cumuler plusieurs statuts freelance ?
Non, vous ne pouvez pas cumuler deux statuts juridiques pour la même activité. En revanche, vous pouvez cumuler plusieurs activités dans un même statut (ex. : graphisme + formation) si elles sont compatibles, ou opter pour un second statut si l’activité est vraiment différente. Par exemple, être salarié et micro-entrepreneur à côté, c’est possible.
Est-ce que je peux changer de statut plus tard ?
Oui, et c’est courant. Beaucoup de freelances commencent en micro-entreprise, puis évoluent vers une EI, EURL ou SASU quand leur activité se développe. Il faut alors faire les démarches de radiation et de création, mais vous pouvez tout à fait ajuster votre structure en fonction de votre croissance.
Dois-je déclarer mon activité même si je fais peu de missions ?
Oui. Même pour une activité occasionnelle ou un complément de revenu, vous devez déclarer votre activité officiellement, choisir un statut de freelance, et respecter les règles fiscales et sociales associées. Le statut de micro-entrepreneur reste la solution la plus simple dans ce cas.
Dois-je ouvrir un compte bancaire en freelance ?
Oui, il est fortement recommandé d’ouvrir un compte bancaire dédié à ton activité de freelance. Dès que tu dépasses 10 000 € de chiffre d’affaires pendant deux années consécutives, la loi t’y oblige. Il ne s’agit pas forcément d’un compte professionnel payant : un simple compte courant séparé fait l’affaire, tant qu’il est réservé à ton activité.
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