La notification d’affiliation de l’Urssaf vient d’arriver, l’activité démarre et une question suit aussitôt : quand faut-il déclarer, et quoi exactement ? La déclaration de chiffre d’affaires (CA) d’un auto-entrepreneur obéit à un calendrier précis. Un oubli coûte une pénalité fixe et une taxation sur une base forfaitaire, même lorsque le mois a été calme.
Ce guide suit les règles publiées par l’Urssaf et par Service Public : la périodicité, la première échéance, le chiffre d’affaires à retenir, la démarche en ligne, les cotisations, la déclaration annuelle de revenus et les sanctions en cas de retard. Ces règles valent pour toute micro-entreprise, qu’elle vende des marchandises, des prestations commerciales ou des services relevant des activités libérales.
L’essentiel en bref :
- L’auto-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires en ligne à l’Urssaf chaque mois, ou chaque trimestre s’il en a fait la demande, et paie ses cotisations dans la foulée.
- Chaque déclaration est due avant la fin du mois qui suit la période déclarée.
- La première intervient après un délai minimum de 90 jours à compter du début d’activité.
- On déclare le chiffre d’affaires encaissé, hors TVA et sans déduire aucune charge ; un mois sans recette se déclare aussi.
- Une fois par an, les revenus de l’activité figurent aussi dans la déclaration d’impôt, sur le formulaire 2042 C pro, et chaque déclaration Urssaf manquée coûte 60,10 € de pénalité.
Déclaration auto-entrepreneur : deux démarches
Le micro-entrepreneur relève de deux régimes simplifiés, le micro-social et le micro-fiscal, et chacun a sa propre déclaration. La première se fait auprès de l’Urssaf : c’est la déclaration Urssaf de l’auto-entrepreneur, mensuelle ou trimestrielle, qui sert à calculer les cotisations sociales et, en cas d’option, l’impôt payé au fil de l’eau. Elle se fait obligatoirement en ligne.
La seconde est la déclaration d’impôt de l’auto-entrepreneur, déposée une fois par an avec celle de son foyer fiscal. Les deux démarches portent sur le même chiffre d’affaires mais ne se remplacent pas : avoir déclaré chaque mois à l’Urssaf ne dispense pas de reporter ses recettes annuelles aux impôts. Une troisième obligation peut s’ajouter : au-delà des seuils de la franchise en base, l’auto-entrepreneur facture la TVA et la déclare à part, auprès de l’administration fiscale. Cette TVA n’entre jamais dans le chiffre d’affaires transmis à l’Urssaf.
Déclaration mensuelle ou trimestrielle
Par défaut, la déclaration est mensuelle. Pour passer à une déclaration auto-entrepreneur trimestrielle, la demande doit être faite dans le mois qui suit le début de l’activité. L’option vaut pour l’année civile et se renouvelle tacitement l’année suivante. Pour revenir au rythme mensuel, la demande doit partir avant le 31 octobre de l’année précédente : un changement souhaité pour 2027 devait être demandé avant le 31 octobre 2026. En rythme mensuel, la date limite est le dernier jour du mois suivant : le chiffre d’affaires de juin se déclare au plus tard le 31 juillet. Si l’échéance tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, elle est reportée au jour suivant. La déclaration trimestrielle regroupe ainsi trois mois de recettes en une seule échéance et un seul paiement, ce qui allège le calendrier sans changer le mode de calcul.
| Chiffre d’affaires encaissé | Date limite de déclaration |
|---|---|
| Janvier à mars | 30 avril |
| Avril à juin | 31 juillet |
| Juillet à septembre | 31 octobre |
| Octobre à décembre | 31 janvier de l’année suivante |
Votre première déclaration de chiffre d’affaires
Un délai minimum de 90 jours sépare le début d’activité de la première déclaration. En rythme mensuel, elle doit être faite avant la fin du mois qui suit les trois premiers mois d’activité : pour un démarrage le 6 mars 2026, l’échéance est le 31 juillet 2026. En rythme trimestriel, elle doit être faite avant la fin du mois qui suit le trimestre suivant celui du démarrage : pour un début d’activité le 12 avril 2026, la date limite est le 31 octobre 2026.
Les échéances deviennent accessibles dans l’espace personnel dès la réception de la notification d’affiliation à la Sécurité sociale. Pendant cette période de 90 jours, les déclarations et paiements validés restent modifiables, sauf un paiement fait par carte bancaire, et ne sont pris en compte définitivement qu’à l’issue du délai. Un justificatif de déclaration et de paiement est ensuite disponible au format PDF pour chaque échéance. Le tableau publié par l’Urssaf donne la date exacte selon le mois de démarrage : une activité lancée en janvier voit sa première échéance s’ouvrir début février, pour une date limite au 31 mai ; une activité lancée en octobre déclare pour la première fois au plus tard le 28 février de l’année suivante. En rythme trimestriel, un démarrage entre janvier et mars mène à une première déclaration avant le 31 juillet.
À retenir : la première échéance arrive plus tard qu’on ne le pense, au plus tôt après 90 jours d’activité, même si l’espace de déclaration s’ouvre dès l’affiliation. Les suivantes tombent toutes à la fin du mois qui suit la période déclarée.
Quel chiffre d’affaires déclarer
Pour la déclaration du chiffre d’affaires, l’auto-entrepreneur retient trois critères. Le montant est encaissé : seules comptent les sommes reçues pendant le mois ou le trimestre, et une prestation réalisée mais pas encore payée attend le mois de son encaissement. Il est hors taxes : la TVA facturée aux clients n’en fait pas partie. Il est brut : aucune charge ne se déduit, parce que les taux de cotisations tiennent déjà compte d’un abattement forfaitaire pour frais de 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité.
Un remboursement fait avant la déclaration réduit le chiffre d’affaires à déclarer : une vente de 250 € le 12 mars, remboursée de 100 € le 2 avril, se déclare pour 150 €. Après la déclaration, il faut passer par une déclaration rectificative, demandée depuis la messagerie du compte en ligne. Enfin, un chiffre d’affaires nul se déclare quand même, en indiquant zéro ou la mention « Néant ».
Déclarer et payer sur le site de l’Urssaf
Pour déclarer son activité d’auto-entrepreneur à l’Urssaf, tout se passe en ligne, sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr ou dans l’application mobile Autoentrepreneur Urssaf, où la déclaration et le paiement des cotisations se font dans la même démarche, pour la même date d’exigibilité. Le paiement peut se faire en une ou plusieurs fois, par prélèvement SEPA, virement ou carte bancaire ; avec un mandat SEPA, le prélèvement n’intervient qu’à l’issue de la date d’exigibilité. Comptez quatre étapes :
Connectez-vous avec votre adresse e-mail ou votre numéro de Sécurité sociale et votre mot de passe, depuis le bouton situé en haut à droite du site.
Dans l’onglet « Mon auto-entreprise au quotidien », ouvrez « Mon échéance en cours », puis la sous-rubrique « Déclarer et payer ».
Indiquez dans l’espace prévu le chiffre d’affaires encaissé de la période, dans la catégorie qui correspond à votre activité. La déclaration reste modifiable jusqu’à la date d’exigibilité, avant 23 h 59.
Réglez les cotisations, puis téléchargez le justificatif de déclaration et de paiement au format PDF.
Cotisations et versement libératoire
Le montant à payer découle directement du chiffre d’affaires déclaré, multiplié par un taux propre à l’activité. En 2026, ce taux est de 12,3 % pour l’achat-revente de marchandises et de 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales. Les professions libérales non réglementées hors Cipav cotisent à 25,6 %, celles qui relèvent de la Cipav à 23,2 %. C’est la logique du régime micro-social : les cotisations suivent le chiffre d’affaires de chaque mois ou trimestre, et rien n’est dû pour une période sans recette. Le micro-entrepreneur peut toutefois demander à payer des cotisations minimales, ce qui le fait basculer dans le régime des travailleurs indépendants classiques.
Le versement libératoire permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, par un pourcentage du chiffre d’affaires : 1 % pour les ventes, 1,7 % pour les autres activités relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et 2,2 % pour celles relevant des bénéfices non commerciaux (BNC). Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année ne dépasse pas un plafond, par exemple 29 579 € pour une personne seule ou 59 158 € pour un couple. Le choix doit être fait auprès de l’Urssaf avant le 30 septembre pour s’appliquer à partir du 1er janvier suivant ; l’impôt est alors calculé automatiquement à chaque déclaration. Les plafonds de revenu fiscal de référence montent à 73 947,5 € pour un couple avec un enfant et à 88 737 € avec deux enfants. Avec cette option, cotisations et impôt forment un seul paiement, mensuel ou trimestriel selon la périodicité choisie.
La déclaration annuelle de revenus
Une fois par an, la déclaration de revenus de l’auto-entrepreneur passe par le formulaire 2042 C pro, complémentaire de la déclaration du foyer fiscal. On y reporte le chiffre d’affaires de l’année, et l’administration applique elle-même un abattement forfaitaire. Il est de 71 % pour la vente de marchandises et l’hébergement, hors location de meublés de tourisme soumise à des taux particuliers, 50 % pour les prestations de services relevant des BIC et 34 % pour les BNC, avec un abattement minimum de 305 €.
Le résultat s’ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Lorsque l’activité est mixte, par exemple de la vente puis des travaux, chaque abattement s’applique à la part de chiffre d’affaires correspondante, et le minimum passe à 610 €. Les plus-values ou moins-values réalisées sur la cession de biens affectés à l’activité figurent aussi sur cette déclaration. Exemple publié par Service Public : 65 000 € de chiffre d’affaires en prestations de services BIC donnent, après un abattement de 50 %, un bénéfice imposable de 32 500 €. En cas de versement libératoire, le chiffre d’affaires doit quand même figurer sur la déclaration annuelle, même si l’impôt a déjà été payé au fil des échéances.

Retard ou oubli : pénalités et régularisation
Une déclaration oubliée entraîne une pénalité de 60,10 € par déclaration manquante. S’y ajoutent des cotisations calculées sur une base forfaitaire, majorées de 5 % par déclaration manquante en rythme mensuel et de 15 % en rythme trimestriel. Cette base est de 7 791,67 € pour une activité de vente et de 3 125 € pour une prestation de services par mois manquant, et de 23 375 € ou 10 313 € par trimestre manquant. Service Public donne l’exemple d’un commerçant qui a manqué deux déclarations mensuelles : ses cotisations sont calculées sur deux fois 7 791,67 €, majorées de 5 % chacune, et la pénalité s’élève à 2 × 60,10 €, soit 120,20 €.
Le montant à payer est notifié par lettre recommandée avec accusé de réception. Il reste possible de déclarer le chiffre d’affaires réel pour régulariser la situation : la pénalité est alors portée à 3 % du montant des cotisations et contributions sociales dues. Une erreur repérée avant la date d’exigibilité se corrige plus simplement, puisque la déclaration reste modifiable jusqu’à 23 h 59 le jour de l’échéance.
En résumé : une déclaration à l’Urssaf par mois ou par trimestre, toujours en ligne et même à zéro, puis une déclaration de revenus par an. Un oubli se paie en pénalité et en cotisations forfaitaires ; déclarer ensuite le chiffre d’affaires réel permet de régulariser, avec une pénalité portée à 3 % des cotisations dues.
Un compte pro pour suivre son chiffre d’affaires
L’Urssaf conseille d’ouvrir un compte réservé à l’activité, séparé des comptes personnels. Ce compte dédié devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € deux années civiles consécutives, la loi Pacte ayant supprimé l’obligation en deçà ; il peut s’agir d’un compte professionnel ou personnel. Vivid, établissement de monnaie électronique, propose aux micro-entrepreneurs et aux entrepreneurs individuels un compte pro pour indépendants, avec un IBAN français :
L’ouverture se fait en ligne, et le compte professionnel reste distinct des comptes personnels dans la même application.
Vivid en bref : un compte pro pour indépendants, séparé des comptes personnels, dont les exports aident à reconstituer le chiffre d’affaires encaissé de chaque période. Le plan Standard ne coûte rien par mois.
Un compte à part pour vos recettes
Gardez vos recettes à part avec un compte pro Vivid pour indépendants : IBAN français, factures illimitées et exports pour vos déclarations, sur un plan Standard sans frais mensuels.

Questions fréquentes
Faut-il déclarer un chiffre d’affaires nul ?
Oui. La déclaration est obligatoire même sans aucune recette sur la période : il suffit d’indiquer zéro ou la mention « Néant ». Ne rien déclarer expose à la pénalité de 60,10 € et à des cotisations forfaitaires.
Peut-on modifier une déclaration envoyée ?
Oui, jusqu’à la date d’exigibilité de l’échéance, avant 23 h 59. Après cette date, une déclaration rectificative se demande depuis la messagerie du compte en ligne sur le site de l’Urssaf.
Le chiffre d’affaires se déclare-t-il HT ou TTC ?
Hors taxes. La TVA payée par les clients n’entre pas dans le chiffre d’affaires déclaré. Un auto-entrepreneur en franchise en base de TVA ne facture pas de TVA, et ses montants encaissés sont donc déjà hors taxes.
Où déclarer son chiffre d’affaires ?
Uniquement en ligne, dans l’espace personnel du site autoentrepreneur.urssaf.fr ou de l’application mobile Autoentrepreneur Urssaf. Le compte se crée avec une adresse e-mail et le numéro de Sécurité sociale.
Le versement libératoire dispense-t-il de la déclaration de revenus ?
Non. L’impôt est payé avec les cotisations, mais le chiffre d’affaires doit quand même être reporté chaque année sur le formulaire 2042 C pro, avec les autres revenus du foyer.
Que faire si l’échéance tombe un dimanche ?
Rien de particulier : lorsque la date limite tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, l’Urssaf la reporte au jour suivant.
Comment déclarer ses revenus d’auto-entrepreneur aux impôts ?
Sur le formulaire 2042 C pro, joint à la déclaration annuelle du foyer fiscal. Vous indiquez le chiffre d’affaires de l’année selon la nature de l’activité ; l’administration applique ensuite l’abattement de 71 %, 50 % ou 34 %, puis le barème progressif.
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou social. Les dates, taux et montants sont présentés tels que publiés par l’Urssaf et par Service Public ; votre situation personnelle peut appeler des règles particulières, à vérifier avec l’Urssaf ou un expert-comptable. Les services de paiement sont fournis par Vivid Money S.A., établissement de monnaie électronique agréé par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) au Luxembourg, dont la succursale en France relève de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).






