TJM : calculer son taux journalier moyen en freelance

Freelance & indépendants13 min de lecture
Un éphéméride violet à la page blanche, une pile de pièces rose doré et un sablier en verre dépoli
Rédaction Vivid

La rédaction Vivid écrit sur la création d'entreprise, la finance et l'indépendance, avec des guides pratiques sur les comptes professionnels, la fiscalité et les aides destinées aux fondateurs et aux indépendants.

Première mission en indépendant, et le client pose la question dès le premier rendez-vous : quel est votre tarif à la journée ? Le réflexe consiste à diviser son ancien salaire par le nombre de jours ouvrés, ou à reprendre le chiffre d’un confrère. Les deux méthodes donnent un TJM freelance trop bas, parce qu’elles oublient les cotisations, les frais et toutes les journées qui ne seront jamais facturées.

Ce guide pose la formule, compte les jours réellement facturables à partir du calendrier 2026, détaille les charges selon le statut avec les taux officiels, puis déroule un exemple complet. Il montre aussi comment repasser du TJM au revenu net, et ce qu’une facture doit indiquer.

L’essentiel en bref :

  • TJM, définition : le taux journalier moyen est le prix d’une journée de travail facturée au client, exprimé hors taxes.
  • La formule : (revenu net visé + cotisations sociales + frais professionnels) ÷ nombre de jours facturables.
  • Une année ne compte pas 365 jours facturables : week-ends, 11 jours fériés légaux, 5 semaines de congés et le temps non facturé réduisent fortement le total.
  • Les charges dépendent du statut : en 2026, une micro-entreprise libérale non réglementée cotise 25,6 % de son chiffre d’affaires, une prestation de services BIC 21,2 %.

TJM : définition et signification

Derrière le sigle, la signification du TJM est simple : le taux journalier moyen correspond au montant facturé pour une journée de travail. Les consultants, développeurs, graphistes ou formateurs l’utilisent pour chiffrer une mission longue, quand le client achète du temps plutôt qu’un livrable fermé. Le TJM s’entend toujours hors taxes, puisque la TVA éventuelle s’y ajoute au moment de la facture.

Il se distingue du taux horaire, plus courant pour les interventions courtes, et du forfait, qui fixe un prix global pour un résultat. Pour le client, c’est un repère de budget ; pour l’indépendant, c’est le chiffre qui doit couvrir à la fois sa rémunération, sa protection sociale et le coût de son activité. Un TJM bien construit sert donc de plancher : en dessous, la mission coûte plus qu’elle ne rapporte.

La formule pour calculer son TJM

Pour calculer son TJM, on part de ce que l’on veut gagner, et non de ce que facturent les autres. La formule tient en une ligne : TJM = (revenu net annuel visé + cotisations sociales + frais professionnels) ÷ nombre de jours facturables dans l’année. Le résultat est un prix hors taxes, à arrondir vers le haut.

Comment calculer son TJM sans se tromper sur chaque terme ? Le revenu net visé est la somme que l’on souhaite garder avant impôt sur le revenu. Les cotisations dépendent du statut et se calculent soit sur le chiffre d’affaires, soit sur la rémunération. Les frais regroupent tout ce que l’activité consomme : matériel, logiciels, assurance, expert-comptable, déplacements. Quant aux jours facturables, ils représentent le vrai dénominateur, et c’est souvent là que les calculs dérapent.

Certains ajoutent une marge de sécurité de quelques pour cent pour absorber un impayé ou une hausse des frais de fonctionnement ; d’autres préfèrent compter moins de jours. L’idée reste la même : le TJM doit aussi financer les jours travaillés mais non payés. Le statut juridique, lui, change surtout la ligne des charges sociales, comme le montre le tableau plus bas.

À retenir : le TJM issu de la formule est un minimum, pas une cible. Le marché, la spécialité et la valeur apportée au client fixent ensuite jusqu’où ce chiffre peut monter.

Combien de jours facturables par an

Partons du calendrier 2026. Il compte 104 jours de week-end. Sur les 11 jours fériés légaux, 9 tombent en semaine cette année, puisque l’Assomption est un samedi et la Toussaint un dimanche. Restent 252 jours ouvrés. En retirant 5 semaines de congés, l’équivalent des congés payés d’un salarié, on arrive à environ 227 jours de travail possibles. À titre de repère, un salarié au forfait jours travaille au maximum 218 jours par an, sauf accord prévoyant moins.

Tous ces jours ne seront pas facturés. Une partie du temps part dans des tâches indispensables mais non payées :

la prospection, les rendez-vous commerciaux et la rédaction des propositions ;
la gestion administrative : devis, factures, relances, déclarations ;
la formation et la veille pour rester au niveau ;
les périodes creuses entre deux missions, et les jours d’arrêt pour maladie.

Selon le métier et la durée habituelle des missions, ce temps invisible représente plusieurs dizaines de jours par an. Prévoir large protège le revenu : un calcul fondé sur 180 jours facturables résiste mieux à un trimestre calme qu’un calcul fondé sur 220.

Charges et frais à intégrer dans le calcul du TJM

Le calcul TJM bascule surtout sur les cotisations sociales, qui varient fortement d’un statut à l’autre. En micro-entreprise, elles sont proportionnelles au chiffre d’affaires encaissé, ce qui rend le calcul direct. En EURL ou en SASU, elles portent sur la rémunération du dirigeant, et la société paie en plus l’impôt sur ses bénéfices éventuels. Les taux ci-dessous servent d’ordre de grandeur :

StatutBase de calculCotisations sociales
Micro-entreprise, prestations de services BICChiffre d’affaires21,2 % en 2026
Micro-entreprise, libéral non réglementéChiffre d’affaires25,6 % en 2026
Micro-entreprise, libéral relevant de la CipavChiffre d’affaires23,2 % en 2026
EURL, gérant travailleur non salariéRémunérationEnviron 45 % de la rémunération nette en moyenne
SASU, président assimilé salariéRémunérationEnviron 78 % du salaire net

Les taux de la micro-entreprise sont ceux publiés par l’administration pour 2026 ; ceux de l’EURL et de la SASU sont les moyennes données par Bpifrance Création, cotisations salariales et patronales comprises pour la SASU. Pour le gérant d’EURL, la part tombe à environ 30 % au-delà d’un plafond annuel de la Sécurité sociale. Viennent ensuite les frais professionnels : ordinateur, logiciels, assurance responsabilité civile professionnelle, expert-comptable, espace de travail, déplacements. Côté TVA, une activité de services reste en franchise si son chiffre d’affaires de l’année précédente n’a pas dépassé 37 500 € et si celui de l’année en cours ne dépasse pas 41 250 €. Au-delà de 41 250 €, la TVA est due dès le jour du dépassement et s’ajoute alors à chaque facture.

Une grande pièce rose doré découpée en parts, dont une part violette et une part chromée, au-dessus d’un socle de pierre sombre
Une partie seulement du TJM devient revenu : le reste couvre les cotisations, les frais et l’impôt.

Calcul TJM freelance : un exemple pas à pas

Prenons un exemple de calcul TJM freelance pour une consultante en micro-entreprise, profession libérale non réglementée. Les montants de revenu, de frais et de jours sont des hypothèses ; le taux de cotisations est celui de 2026, hors contribution de 0,2 % pour la formation professionnelle.

1
Fixer le revenu visé

Elle veut garder 3 000 € par mois avant impôt sur le revenu, soit 36 000 € sur l’année.

2
Chiffrer les frais

Matériel, logiciels, assurance, expert-comptable et déplacements représentent environ 400 € par mois, soit 4 800 € par an.

3
Ajouter les cotisations

En libéral non réglementé, les cotisations prennent 25,6 % du chiffre d’affaires. Pour calculer le TJM, on divise donc 40 800 € par 0,744 : il faut environ 54 840 € de chiffre d’affaires.

4
Compter les jours vendus

Sur environ 227 jours de travail possibles, elle prévoit 180 jours facturés, le reste allant à la prospection, à l’administratif et aux creux entre missions.

5
Diviser et arrondir

54 840 € divisés par 180 jours donnent 305 € environ. Elle retient un TJM de 310 € hors taxes, en dessous duquel une mission ne couvre plus ses objectifs.

Ce chiffre d’affaires reste sous le plafond de 83 600 € qui permet de rester au régime de la micro-entreprise pour une activité de services. Il dépasse en revanche le seuil de 41 250 € : dès qu’elle franchit ce seuil, la consultante facture la TVA en plus de ses 310 € hors taxes, sans que son revenu change.

Du TJM au salaire net

L’opération inverse sert à évaluer une offre : quel salaire net correspond au TJM proposé ? On multiplie le TJM par le nombre de jours facturés pour obtenir le chiffre d’affaires, puis on retire les cotisations, les frais et l’impôt. Le même TJM en salaire ne donne pas le même résultat selon le statut :

En micro-entreprise, les cotisations se prélèvent directement sur le chiffre d’affaires, au taux de l’activité ; le reste, diminué des frais, forme le revenu avant impôt.
En EURL, les cotisations du gérant travailleur non salarié pèsent environ 45 % de sa rémunération nette, et la société paie l’impôt sur ses bénéfices si elle a opté pour l’IS.
En SASU, le coût de la rémunération du président est plus élevé, environ 78 % du salaire net en cotisations, mais une partie du bénéfice peut sortir en dividendes.

La comparaison avec un poste salarié demande la même prudence. Un salaire brut de cadre inclut déjà des congés payés, une protection sociale complète et aucun frais à la charge du salarié ; à revenu équivalent, le TJM d’un indépendant paraît donc élevé sans l’être. Le portage salarial suit encore une autre logique : la société de portage transforme le chiffre d’affaires en salaire, après ses propres frais.

L’impôt sur le revenu vient enfin s’appliquer, selon la situation du foyer. En micro-entreprise, le versement libératoire permet de le régler au fil de l’eau, à 2,2 % du chiffre d’affaires pour une activité libérale et 1,7 % pour des prestations de services BIC, si le revenu fiscal de référence du foyer respecte les plafonds prévus.

En résumé : pour passer du TJM au revenu, on multiplie par les jours facturés puis on retire cotisations, frais et impôt. Deux indépendants au même tarif peuvent donc garder des montants très différents selon leur statut.

Ajuster son TJM au marché

Une fois le plancher connu, reste à le confronter au marché. Le TJM d’un consultant dépend de plusieurs leviers, qui jouent souvent plus que la formule :

l’expérience et la rareté de la compétence, qui justifient un écart parfois important avec un profil débutant ;
le secteur et la taille du client, un grand compte n’ayant ni le même budget ni les mêmes exigences qu’une jeune entreprise ;
la durée et le format de la mission, une mission longue à temps plein pouvant justifier un tarif légèrement dégressif ;
la part de déplacement ou de présence sur site, qui consomme du temps et des frais.

La négociation se prépare avec deux chiffres : un plancher issu de la formule, sous lequel la mission n’est pas rentable, et un tarif cible, qui reflète l’expertise et la valeur ajoutée pour le client. Entre les deux, des concessions sur la durée, le périmètre ou le rythme de facturation permettent de conclure sans brader la journée. Le secteur d’activité du client donne souvent la fourchette réaliste.

Pour situer son prix, les échanges avec d’autres indépendants du même métier et les retours des clients donnent de bons repères. Il est utile de revoir son TJM au moins une fois par an, et à chaque nouvelle mission, plutôt que d’attendre une baisse de revenu pour réagir.

Facturer son TJM

Le devis et la facture présentent le TJM hors taxes, multiplié par le nombre de jours réalisés. La facture porte notamment les mentions obligatoires suivantes : numéro unique, date, identité et numéro Siren du prestataire, identité du client, désignation et prix unitaire hors taxes, date de règlement, conditions d’escompte, taux des pénalités de retard et, entre professionnels, l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Un indépendant en franchise ajoute la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».

Entre professionnels, le délai de paiement est en principe de 30 jours après la réalisation de la prestation. Les parties peuvent convenir de 60 jours à compter de l’émission de la facture, ou de 45 jours fin de mois. Facturer chaque mois sur une mission longue, plutôt qu’à la fin, lisse la trésorerie et limite le risque d’un gros impayé.

Encaisser ses missions avec Vivid

Les micro-entrepreneurs, entrepreneurs individuels et EIRL ouvrent leur compte pro pour indépendants Vivid sur les plans Indépendants ; les sociétés comme l’EURL et la SASU relèvent des plans General Business. Sur chaque plan Indépendants :

la facturation est incluse sans frais supplémentaires, avec des factures créées depuis l’interface web ;
un client en retard reçoit un rappel en quelques clics, et la facture peut partir par e-mail ou avec un lien de paiement ;
les virements SEPA sortants sont gratuits ;
Standard est à 0 € par mois, Prime à 6,90 €, Pro à 18,90 € et Pro+ à 41 € par mois en facturation annuelle, ou 8,90 €, 24,90 € et 50 € par mois en facturation mensuelle.

Le paiement d’une facture peut se faire par virement SEPA ou par carte, et les encaissements arrivent sur un compte professionnel avec IBAN français, séparé des comptes personnels.

Vivid en bref : des factures et des relances incluses dans chaque plan Indépendants, des virements SEPA sortants gratuits et un plan Standard à 0 € par mois. Prime démarre à 6,90 € par mois en facturation annuelle.

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Questions fréquentes

  • TJM, c’est quoi ?

    Le TJM, ou taux journalier moyen, est le prix d’une journée de travail facturée par un indépendant à son client. Il s’exprime hors taxes et sert de base aux devis et aux factures des missions au temps passé.

  • On additionne le revenu net visé, les cotisations sociales et les frais professionnels de l’année, puis on divise par le nombre de jours réellement facturables. Le résultat, arrondi vers le haut, constitue le TJM minimum.

  • En 2026, il reste environ 227 jours de travail après les week-ends, 9 jours fériés en semaine et 5 semaines de congés. La prospection, l’administratif et les creux entre missions réduisent encore ce total. Un calcul prudent part d’un chiffre nettement inférieur, comme les 180 jours de l’exemple ci-dessus.

  • Le TJM s’annonce hors taxes. Si l’indépendant est redevable de la TVA, elle s’ajoute sur la facture ; en franchise en base, la facture reste hors taxes avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».

  • À titre d’exemple, 160 jours facturés à 500 € donnent 80 000 € de chiffre d’affaires. En micro-entreprise libérale non réglementée, les cotisations de 25,6 % représentent 20 480 €. Avec 4 800 € de frais, il reste 54 720 € avant impôt sur le revenu et avant la contribution à la formation professionnelle.

  • Le TJM facture une journée entière, le taux horaire une heure de travail. Le premier convient aux missions longues, le second aux interventions courtes ou ponctuelles. Diviser un TJM par la durée d’une journée type donne un taux horaire de référence.

  • Une spécialisation plus pointue, des références clients solides et une offre mieux définie justifient un tarif plus élevé. Le moment le plus simple pour l’augmenter reste le début d’une nouvelle mission ou le renouvellement annuel d’un contrat.

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou social. Les taux, plafonds et seuils sont présentés tels que publiés par l’administration et par Bpifrance Création ; les exemples chiffrés sont des illustrations. Les services de paiement sont fournis par Vivid Money S.A., établissement de monnaie électronique agréé par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) au Luxembourg, dont la succursale en France relève de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

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