Une activité de graphisme le soir, des cours particuliers le week-end ou une première boutique en ligne : beaucoup de projets démarrent seuls, avec peu de chiffre d’affaires et l’envie de commencer vite. Le statut micro-entrepreneur répond à ce besoin. La création est rapide, les cotisations suivent le chiffre d’affaires encaissé et la comptabilité reste légère.
Encore faut-il connaître les règles du jeu. Voici ce qu’est exactement la micro-entreprise, les conditions pour en relever, le calcul des cotisations et de l’impôt, la TVA, les points forts et les limites du régime, et les gestes à prendre au quotidien. Tous les chiffres cités sont ceux publiés par service-public.gouv.fr pour 2026.
L’essentiel en bref :
- Le statut micro-entreprise désigne une entreprise individuelle soumise à un régime fiscal et social simplifié. Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur désignent le même statut.
- Le régime s’applique tant que le chiffre d’affaires ne dépasse pas 203 100 € pour la vente de marchandises, ou 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales, au cours des deux années précédentes.
- Les cotisations sociales sont un pourcentage du chiffre d’affaires : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales, 25,6 % pour une activité libérale non réglementée.
- L’impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 %, ou par versement libératoire. La franchise en base de TVA s’applique jusqu’à 85 000 € de ventes ou 37 500 € de services.
Qu’est-ce que le statut micro-entrepreneur ?
Définition de la micro-entreprise : il s’agit d’une entreprise individuelle dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas un certain montant. C’est quoi, une micro-entreprise, en pratique ? Une activité exercée seul, sans statuts à rédiger ni capital social à constituer, et dont la création comme la gestion sont plus simples que celles d’une société.
Contrairement à une société, l’entreprise individuelle n’a pas de personnalité juridique distincte : elle est rattachée à la personne qui l’exerce. Une même personne ne peut donc détenir qu’une seule entreprise individuelle. L’activité peut être commerciale, artisanale ou libérale, et plusieurs activités peuvent être exercées dans la même micro-entreprise.
Micro-entreprise ou auto-entreprise : quelle différence ?
Aucune sur le fond. Auto-entrepreneur et micro-entreprise sont deux noms pour le même régime : le premier est resté dans le langage courant, le second est le terme officiel. Côté forme juridique, la micro-entreprise reste une entreprise individuelle, qui bénéficie du régime micro-fiscal et du régime micro-social.
Patrimoine personnel et patrimoine professionnel
Le statut juridique de la micro-entreprise sépare automatiquement deux patrimoines. Le patrimoine professionnel réunit ce qui sert à l’activité, comme le local ou le compte professionnel. Le patrimoine personnel regroupe le reste, par exemple l’épargne ou une résidence secondaire. Cette séparation protège les biens personnels des dettes professionnelles. Il existe une limite : en cas de manquement aux obligations fiscales ou sociales, l’administration et les organismes sociaux peuvent se faire payer sur les deux patrimoines.

Les conditions du régime micro-entreprise
Les conditions de la micro-entreprise tiennent surtout au chiffre d’affaires. Pour que les revenus de 2026 relèvent du régime micro-entreprise, le chiffre d’affaires des deux années précédentes ne doit pas avoir dépassé 203 100 € pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, ou 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. En cas de dépassement deux années de suite, l’entreprise passe à un régime réel d’imposition.
Une seule année au-dessus du seuil ne suffit donc pas à sortir du régime. Il est aussi possible de choisir un régime réel volontairement, même sous les seuils, par exemple quand les charges réelles sont élevées. Le tableau ci-dessous réunit les chiffres 2026 publiés par service-public.gouv.fr.
| Activité | Seuil de chiffre d’affaires | Cotisations sociales | Abattement fiscal | Versement libératoire |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | 203 100 € | 12,3 % | 71 % | 1 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 83 600 € | 21,2 % | 50 % | 1,7 % |
| Activité libérale non réglementée (BNC) | 83 600 € | 25,6 % | 34 % | 2,2 % |
| Profession libérale réglementée relevant de la Cipav (BNC) | 83 600 € | 23,2 % | 34 % | 2,2 % |
À retenir : le régime micro s’applique sous 203 100 € de ventes ou 83 600 € de services. Il faut deux années consécutives au-dessus du seuil pour en sortir.
Cotisations sociales : un taux sur le CA
Les cotisations de la micro-entreprise ne dépendent pas d’un bénéfice mais du chiffre d’affaires encaissé. Chaque mois ou chaque trimestre, selon le choix fait à la création, le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires à l’Urssaf et paie un pourcentage fixe : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour une activité libérale non réglementée et 23,2 % pour une profession libérale relevant de la Cipav. La déclaration se fait en ligne, sur le portail de l’Urssaf dédié aux auto-entrepreneurs, et le paiement suit dans la foulée.
Un exemple rend le calcul concret. Un consultant en prestations de services commerciales encaisse 30 000 € dans l’année : il paie 21,2 % de cette somme, soit 6 360 € de cotisations. Sans chiffre d’affaires, il ne paie rien. En micro-entreprise, statut et cotisations vont donc de pair, ce qui rassure au démarrage, mais cette règle a une contrepartie : sans chiffre d’affaires, les droits sociaux n’avancent pas non plus. Il est possible d’opter pour des cotisations minimales afin de garder une protection sociale même les mois sans recettes.
Impôt : abattement ou versement libératoire
Pour un micro-entrepreneur, le statut fiscal par défaut repose sur un abattement forfaitaire. L’administration retire du chiffre d’affaires un pourcentage censé couvrir les charges : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services commerciales et 34 % pour les activités libérales, avec un minimum de 305 €. Le montant restant s’ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème de l’impôt sur le revenu, avec des acomptes prélevés à la source.
Le régime micro-entrepreneur prévoit une option : le versement libératoire. L’impôt est alors payé en même temps que les cotisations, à un taux fixe de 1 % pour la vente, 1,7 % pour les autres activités commerciales et 2,2 % pour les activités libérales. Pour le consultant à 30 000 €, cela représente 510 € d’impôt dans l’année. L’option est ouverte si le revenu fiscal de référence du foyer, deux ans plus tôt, ne dépasse pas un plafond : 29 579 € pour une personne seule, davantage pour un couple ou avec des enfants.
TVA : la franchise en base
Sous certains seuils, une micro-entreprise ne facture pas la TVA. Le statut des micro-entreprises ouvre la franchise en base de TVA tant que le chiffre d’affaires de l’année précédente reste sous 85 000 € pour la vente, ou 37 500 € pour les prestations de services. En cours d’année, les seuils majorés sont de 93 500 € et de 41 250 € : au-delà, la TVA s’applique dès le premier jour de dépassement.
Sous la franchise, les factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». L’entreprise ne récupère pas non plus la TVA payée sur ses achats, ce qui compte pour une activité qui investit beaucoup en matériel.
Avantages et limites du statut
Les avantages de la micro-entreprise expliquent son succès auprès des indépendants, mais le régime a aussi ses limites. Les deux méritent d’être pesés avant de se lancer :
Micro-entreprise, SASU ou EURL ?
La micro-entreprise n’est pas la seule façon d’entreprendre seul. La SASU et l’EURL sont des sociétés à associé unique : elles demandent des statuts, un capital social, même modeste, et une comptabilité complète. En échange, elles déduisent leurs charges réelles et ne sont pas limitées par les seuils de la micro-entreprise. Le tableau ci-dessous reprend la comparaison publiée par service-public.gouv.fr.
| Critère | Micro-entrepreneur | SASU | EURL |
|---|---|---|---|
| Associés | Aucun | 1 | 1 |
| Dirigeant | L’entrepreneur | Président | Gérant |
| Capital social | Aucun | Libre | Libre |
| Imposition | Impôt sur le revenu | Impôt sur les sociétés, option possible pour l’impôt sur le revenu | Impôt sur le revenu, option possible pour l’impôt sur les sociétés |
| Régime social du dirigeant | Travailleur non salarié | Assimilé salarié | Travailleur non salarié si le gérant est associé |
En pratique, la micro-entreprise convient bien pour tester une activité ou exercer avec peu de frais. Quand le chiffre d’affaires approche des seuils ou que les charges deviennent importantes, la question d’une société se pose, et un expert-comptable aide à faire le calcul.
Gérer sa micro-entreprise au quotidien
Comment fonctionne une micro-entreprise une fois créée ? Quatre habitudes suffisent à rester dans les clous, et elles prennent peu de temps quand elles sont prises dès le premier client.
Chaque mois ou chaque trimestre, déclarez le chiffre d’affaires encaissé sur le site de l’Urssaf. Les cotisations et, le cas échéant, le versement libératoire sont prélevés sur cette base.
Notez chaque encaissement avec sa date, son montant, le client et le mode de paiement. Une activité de vente tient aussi un registre des achats.
Chaque facture porte les mentions obligatoires, dont le numéro Siren et, sous la franchise, la mention relative à la TVA.
Un compte dédié à l’activité devient obligatoire au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires deux années de suite, et dès le départ pour une activité commerciale.
En résumé : une déclaration régulière, un livre des recettes à jour, des factures complètes et un compte dédié suffisent à gérer une micro-entreprise sans mauvaise surprise.
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Vivid en bref : un compte pro en ligne à partir de 0 €/mois avec le plan Standard, un IBAN français, la facturation incluse et des sous-comptes pour préparer les échéances de l’Urssaf.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que le statut micro-entreprise ?
C’est une entreprise individuelle soumise à un régime fiscal et social simplifié, tant que son chiffre d’affaires reste sous certains seuils. Pour tout savoir sur la micro-entreprise en bref : création sans statuts ni capital, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires et comptabilité allégée.
Quelle différence entre micro-entreprise et auto-entreprise ?
Il n’y en a pas. Micro-entreprise et auto-entreprise désignent le même régime : auto-entrepreneur est l’ancien nom resté dans l’usage, micro-entrepreneur le terme officiel. La forme juridique reste l’entreprise individuelle.
Quels sont les seuils de la micro-entreprise en 2026 ?
Pour les revenus de 2026, le chiffre d’affaires des deux années précédentes ne doit pas dépasser 203 100 € pour la vente de marchandises, ou 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Il faut deux dépassements consécutifs pour sortir du régime.
Combien de cotisations paie un micro-entrepreneur ?
Un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour une activité libérale non réglementée et 23,2 % pour une profession relevant de la Cipav. Sans chiffre d’affaires, aucune cotisation n’est due.
Comment est calculé l’impôt d’un micro-entrepreneur ?
Par défaut, un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité est retiré du chiffre d’affaires, et le reste suit le barème de l’impôt sur le revenu. Sur option, le versement libératoire applique un taux fixe de 1 %, 1,7 % ou 2,2 % au chiffre d’affaires.
Un micro-entrepreneur facture-t-il la TVA ?
Pas tant qu’il bénéficie de la franchise en base, c’est-à-dire sous 85 000 € de ventes ou 37 500 € de services sur l’année précédente. Ses factures portent alors la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
Faut-il un compte bancaire dédié en micro-entreprise ?
Oui dans deux cas : au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires deux années civiles consécutives, et dès le départ pour une activité commerciale. En dessous, un compte séparé reste conseillé pour suivre clairement les recettes et préparer les déclarations périodiques.
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou comptable. Les seuils et les taux cités sont ceux publiés sur service-public.gouv.fr pour 2026 et peuvent évoluer. Les services de paiement sont fournis par Vivid Money S.A., établissement de monnaie électronique agréé par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) au Luxembourg, dont la succursale en France relève de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).






