Compte pro auto-entrepreneur : est-il obligatoire ?

Compte professionnel12 min de lecture
Auto-entrepreneur : compte pro ou compte dédié, ce que la loi impose
Rédaction Vivid

La rédaction Vivid écrit sur la création d'entreprise, la finance et l'indépendance, avec des guides pratiques sur les comptes professionnels, la fiscalité et les aides destinées aux fondateurs et aux indépendants.

Les premières factures sont réglées, l’argent arrive sur le compte courant habituel et tout semble aller de soi. Puis vient la première déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf, et avec elle une question très concrète : faut-il un compte à part pour l’activité ? L’obligation de compte pro en auto-entrepreneur n’existe pas telle qu’on l’imagine souvent. La loi parle d’un compte dédié, avec deux déclencheurs précis, et ce compte peut être personnel ou professionnel.

Voici les règles en vigueur, la différence entre compte dédié et compte pro, les raisons de séparer ses flux dès le premier client et les étapes pour ouvrir le bon compte en quelques minutes.

L’essentiel en bref :

  • Est-il obligatoire d’avoir un compte pro en auto-entrepreneur ? Non, pas en tant que tel. La loi impose un compte dédié à l’activité, ouvert dans un établissement de crédit, qui peut être un simple compte courant séparé.
  • Pour une activité de services, libérale ou artisanale, ce compte dédié devient obligatoire quand le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives.
  • Pour une activité commerciale, le compte dédié est obligatoire dès le début, quel que soit le chiffre d’affaires.
  • L’intitulé du compte dédié comporte le nom de l’entrepreneur avec la mention « entrepreneur individuel » ou « EI ».

Quand le compte dédié est-il obligatoire ?

Est-il obligatoire d’avoir un compte pro en auto-entrepreneur ? Pour un auto-entrepreneur, le compte pro obligatoire est un raccourci de langage. Le texte de référence, l’article L613-10 du Code de la sécurité sociale issu de l’article 39 de la loi Pacte du 22 mai 2019, demande aux micro-entrepreneurs de dédier un compte à l’ensemble des transactions liées à leur activité. Ce compte est ouvert dans l’un des établissements visés à l’article L123-24 du Code de commerce, c’est-à-dire un établissement de crédit ou un bureau de chèques postaux, et il peut être personnel ou professionnel. Deux situations déclenchent l’obligation de compte pro en micro-entreprise, au sens de compte dédié : le dépassement d’un seuil de chiffre d’affaires et l’exercice d’une activité commerciale.

Le seuil de 10 000 € sur deux années civiles

Pour une activité de prestations de services, une profession libérale ou un métier artisanal, le compte dédié devient obligatoire dès que le chiffre d’affaires, ou les recettes, dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Les deux conditions vont ensemble : une seule bonne année ne suffit pas, et deux années au-dessus du seuil mais séparées par une année plus calme non plus.

Un exemple aide à visualiser la règle. Une graphiste facture 8 500 € en 2024, puis 12 000 € en 2025 et 14 500 € en 2026. Le seuil est franchi en 2025 et en 2026, deux années civiles qui se suivent : à partir de là, le compte pro obligatoire pour un auto-entrepreneur, au sens de compte dédié, s’applique à elle. Le site officiel service-public.gouv.fr recommande d’ailleurs d’ouvrir un compte dédié même sous ce seuil, pour ne pas mélanger dépenses personnelles et dépenses professionnelles.

Trois colonnes violettes, dont les deux dernières dépassent une plaque de verre qui marque le seuil
Le seuil compte sur deux années civiles qui se suivent, pas sur une seule.

Activité commerciale : un compte dès le départ

Achat-revente de marchandises, vente en ligne de produits, restauration ou hébergement : une activité commerciale relève de l’article L123-24 du Code de commerce. Dans ce cas, le compte bancaire de l’auto-entrepreneur est obligatoire dès le début de l’activité, que le seuil de 10 000 € soit dépassé ou non. La même logique vaut pour une activité mixte qui associe services et vente : la part commerciale suffit à rendre le compte dédié nécessaire dès la création.

La mention EI dans l’intitulé du compte

Depuis le 15 mai 2022, l’article R526-27 du Code de commerce prévoit que l’intitulé du compte dédié reprenne le nom de l’entrepreneur, précédé ou suivi des mots « entrepreneur individuel » ou des initiales « EI ». Service-public.gouv.fr précise que cette mention peut compliquer l’ouverture d’un simple compte courant, car certains établissements limitent l’usage professionnel de leurs comptes personnels. Un échange avec l’établissement avant l’ouverture permet de vérifier ce point.

SituationCompte dédiéBase légale
Services, profession libérale ou artisanat, chiffre d’affaires sous 10 000 €Non obligatoire, conseilléCode de la sécurité sociale, art. L613-10
Services, profession libérale ou artisanat, plus de 10 000 € deux années civiles consécutivesObligatoireCode de la sécurité sociale, art. L613-10
Activité commercialeObligatoire dès le débutCode de commerce, art. L123-24
Activité mixte (services et vente)Obligatoire pour la part commercialeCode de commerce, art. L123-24

À retenir : en services, le compte dédié devient obligatoire après deux années civiles consécutives au-dessus de 10 000 € de chiffre d’affaires. En commerce, il l’est dès le premier jour.

Compte bancaire personnel ou professionnel ?

Pour un auto-entrepreneur, compte bancaire personnel ou professionnel répondent tous les deux à la règle, du moment que le compte est ouvert dans un établissement de crédit et sert uniquement à l’activité. Le choix se fait donc sur autre chose : le nombre de factures par mois, le besoin d’outils pour les suivre, la place que prend l’activité dans le budget et l’envie de tout gérer depuis une seule application.

Le compte personnel dédié

Un deuxième compte courant, ouvert à titre personnel mais réservé à l’activité, constitue un compte bancaire dédié parfaitement valable. Pour un auto-entrepreneur qui démarre avec quelques clients, c’est souvent la solution la plus simple sur le papier. Ses limites sont pratiques : pas d’outil de facturation, pas de rattachement des justificatifs aux paiements, et un établissement qui peut restreindre les opérations professionnelles sur ce type de compte.

Le compte professionnel

Le compte pro est ouvert pour l’activité et regroupe les services dont une entreprise a besoin au quotidien : création de factures, justificatifs rattachés aux dépenses, exports pour le comptable, cartes pour les achats. Un compte pro n’est donc pas obligatoire en micro-entreprise, mais il fait gagner du temps dès que les factures se multiplient. Les offres en ligne ont changé la donne sur le prix, avec des formules à 0 €/mois comme le compte pro pour indépendants de Vivid.

CritèreCompte personnel dédiéCompte professionnel
UsageRéservé à l’activité, ouvert à titre personnelOuvert pour l’activité
Facturation et suivi des paiementsÀ gérer à partSouvent inclus
Justificatifs et exports comptablesRarement prévusPrévus dans la plupart des offres
FraisCeux d’un compte courantDe 0 €/mois à plusieurs dizaines d’euros selon l’offre

Séparer ses comptes dès le début

Sous le seuil, rien n’oblige à ouvrir un compte dédié en auto-entrepreneur. C’est pourtant l’une des habitudes les plus rentables à prendre, parce qu’elle simplifie chaque étape administrative de l’année :

La déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d’affaires à l’Urssaf se fait en additionnant les encaissements d’un seul relevé, sans tri préalable.
Le livre des recettes, que chaque micro-entrepreneur tient, se remplit à partir des mêmes flux et reste cohérent avec les déclarations.
La somme à mettre de côté pour les cotisations sociales se voit en un coup d’œil, sans confusion avec le budget du foyer.
L’historique reste lisible si un contrôle demande un jour de justifier les recettes déclarées.
Le jour où l’activité passe en société, les flux professionnels sont déjà isolés et faciles à reprendre.

En résumé : séparer les flux dès la première facture coûte peu et fait gagner du temps à chaque déclaration. Le jour où le seuil est franchi, l’habitude est déjà prise.

Ouvrir un compte pro en micro-entreprise

Doit-on ouvrir un compte bancaire spécifique en auto-entrepreneur avant d’y être obligé ? Rien ne l’impose, mais la démarche est courte avec une offre en ligne, et elle ne demande en général que quelques documents. Les étapes ci-dessous valent pour un compte pro comme pour un compte personnel dédié.

1
Choisir le type de compte

Comparez vos besoins avec les deux options : un compte personnel dédié suffit pour quelques encaissements par mois, un compte pro devient intéressant dès qu’il faut facturer, rattacher des justificatifs ou payer des fournisseurs avec une carte.

2
Réunir les documents

Une pièce d’identité en cours de validité est toujours demandée. Chez Vivid, pour un micro-entrepreneur, la pièce d’identité, le numéro fiscal et un justificatif d’activité suffisent généralement. D’autres établissements demandent aussi un justificatif de domiciliation de moins de trois mois.

3
Faire la demande en ligne

Avec Vivid, la demande prend environ 10 minutes et l’ouverture du compte entre 10 minutes et 1 heure en général. La vérification d’identité se fait en ligne, avec un selfie et la pièce d’identité.

4
Utiliser le nouvel IBAN

Communiquez le nouvel IBAN à vos clients, indiquez-le sur vos factures et faites passer toutes les opérations liées à l’activité par ce compte, recettes comme dépenses.

Vivid pour les micro-entrepreneurs

Vivid ouvre des comptes professionnels en ligne aux micro-entrepreneurs, aux entrepreneurs individuels et aux sociétés. Pour une micro-entreprise, les plans Indépendants commencent avec Standard à 0 €/mois, puis Prime à 6,9 €, Pro à 18,9 € et Pro+ à 41 € par mois en facturation annuelle, ou 8,9 €, 24,9 € et 50 € en facturation mensuelle. Chaque nouveau client profite de deux mois d’essai gratuit sur le plan payant choisi à l’inscription. Le compte se gère depuis l’application Vivid Business & Personal, où finances pro et perso restent séparées tout en étant accessibles au même endroit.

Des IBAN français illimités, quel que soit le plan, pour encaisser les paiements des clients.
Des sous-comptes avec chacun leur propre IBAN, par exemple pour mettre de côté l’argent des impôts et des cotisations.
La facturation incluse dans tous les plans, avec suivi des paiements et relances clients.
Des cartes Visa de débit, virtuelles et physiques, la première carte physique de chaque membre étant livrée gratuitement.
Un cashback garanti sur tous les achats par carte, de 0,1 % à 0,75 % selon le plan, et jusqu’à 150 € de cashback par mois dans les catégories sélectionnées.

Les exports au format PDF, CSV ou MT940 facilitent le travail du comptable, et le support répond 7j/7 par chat, WhatsApp et e-mail. Pour un micro-entrepreneur, cela fait un compte pro qui travaille aussi pour l’activité.

Vivid en bref : un compte pro en ligne à partir de 0 €/mois avec le plan Standard, des IBAN français illimités et la facturation incluse. La demande se fait en 10 minutes environ.

Refus d’ouverture : le droit au compte

Un établissement peut refuser une demande d’ouverture de compte, qu’il soit personnel ou professionnel. Dans ce cas, il remet une attestation ou une lettre de refus. Ce document permet de saisir la Banque de France, qui désigne alors un établissement de crédit chargé d’ouvrir le compte.

Cette procédure, appelée droit au compte et prévue par l’article L312-1 du Code monétaire et financier, donne accès aux services de base garantis par la loi : tenue du compte, encaissements, virements et carte de paiement. Le micro-entrepreneur dispose ainsi d’un compte dédié dans tous les cas, et peut ensuite comparer d’autres offres à son rythme.

Un compte pro pour votre micro-entreprise

Avec Vivid, les flux de l’activité restent séparés dès la première facture : IBAN français, facturation incluse et cartes Visa de débit. Le plan Standard est à 0 €/mois et la demande se fait en ligne.

Ouvrir un compte pro

Questions fréquentes

  • Faut-il un compte pro en auto-entrepreneur dès la création ?

    Non. Pour une activité de services, libérale ou artisanale, aucun compte dédié n’est exigé à la création : il le devient après deux années civiles consécutives au-dessus de 10 000 € de chiffre d’affaires. Pour une activité commerciale, un compte dédié est obligatoire dès le début, mais il peut s’agir d’un compte personnel séparé.

  • Oui, tant que les règles du compte dédié ne s’appliquent pas. Un auto-entrepreneur peut encaisser ses recettes sur son compte personnel sous le seuil, en services. Il reste plus simple d’ouvrir un second compte réservé à l’activité, qui répond aussi à l’obligation le jour où elle s’applique.

  • Le seuil porte sur le chiffre d’affaires, ou les recettes, de chaque année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Le compte dédié devient obligatoire lorsque ce montant dépasse 10 000 € deux années civiles de suite. Une année isolée au-dessus du seuil ne déclenche pas l’obligation.

  • Oui. En micro-entreprise, le compte bancaire est obligatoire dès le début pour une activité commerciale, quel que soit le chiffre d’affaires, en application de l’article L123-24 du Code de commerce. Cela vaut aussi pour la part commerciale d’une activité mixte.

  • Une pièce d’identité en cours de validité, le numéro fiscal et un justificatif d’activité suffisent généralement chez Vivid pour un micro-entrepreneur. D’autres établissements demandent en plus un justificatif de domiciliation de moins de trois mois ou le numéro Siren.

  • Le prix varie de 0 €/mois à plusieurs dizaines d’euros selon l’offre. Chez Vivid, le plan Standard est à 0 €/mois, les plans Prime, Pro et Pro+ coûtent 6,9 €, 18,9 € et 41 € par mois en facturation annuelle, ou 8,9 €, 24,9 € et 50 € en facturation mensuelle. Certains services restent payants, comme les cartes physiques supplémentaires.

  • Les outils du quotidien d’une micro-entreprise, réunis dans une application. Avec Vivid, l’ouverture se fait en ligne, en 10 minutes à 1 heure en général, avec un IBAN français et la facturation incluse.

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou comptable. Les règles citées sont celles publiées sur service-public.gouv.fr et peuvent évoluer. Les services de paiement sont fournis par Vivid Money S.A., établissement de monnaie électronique agréé par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) au Luxembourg, dont la succursale en France relève de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Le programme de cashback est proposé par Vivid Money GmbH.

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